Les recherches documentaires sur les émaux 19è siècle, nous ont amenés à connaitre Alfred SERRE, émailleur de l’atelier Barbedienne dont la production est rare comme la plupart des émailleurs de cette période. Un exceptionnel article paru dans la revue des Amis du Musée de Sèvres avait éveillé l’envie de voir « en vrai » la pendule réalisée par Barbedienne, selon un dessin de Sevin, des sculptures de Woel et Attarge et des émaux de Serre.
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Me and my friends,(Bruno tu aurais dû venir) avons contacté la Mairie de Paris pour voir cette pendule et nous avons été guidé pendant près d’une heure et demie à travers les salons de réception, la salle du Conseil, la bibliothèque de l’Hôtel de Ville.

Mini-histo :
Remplaçant l’originelle maison des piliers qui se trouvait sur la place de Grève, l’Hôtel de Ville fut érigé sous Henri II et Louis XIII. Entre 1628 et 1803, le bâtiment ne changera pas. Sous l’Empire quelques locaux furent annexés. Ensuite, Rambuteau agrandit la bâtisse ainsi que la place - qui s’appelait encore Place de grève- en façade de l’édifice et en supprimant quelques bâtiments et petites rues qui dataient du Moyen-âge. L’incendie du 24 mai 1871, détruira un ensemble considérable et irremplaçable de chefs d œuvre et d’archives accumulés depuis la Renaissance. La reconstruction entre 1874 et 1882 sur les plans des architectes Théodore Ballu et Édouard Deperthes donnera à la France le plus bel exemple de l’art officiel de la seconde république. Notre but était de voir une pendule – certes monumentale- et nous avons eu l’occasion de voir des dizaines de chefs d’œuvres de peintres, sculpteurs, ornemanistes, ébénistes ou artisans du dernier ¼ du 19e siècle.
En particulier :
• La Musique à travers les âges de Gervex ( Salle des Fêtes)
La Ville de Paris conviant le monde à ses fêtes ( Ca c’est un programme) par Benjamin-Constant
• Le Cavalier de Frémiet
• Bijou parmi les bijoux, le petit Salon aux murs décorés par Chéret, et qui – nous a dit notre guide- avait été restauré sous Madame Chirac qui l’affectionnait particulièrement. axe0_10_cheret01
• La série des quatre vases « Les Quatre Saisons » de la manufacture de Sèvres, un des 4 vases a été accidenté, la qualité des trois vases restant devrait faire l’objet d’une restauration par les ateliers de Sèvres (et gratuitement !, la manufacture pourrait recréer un service sur le thème Quatre Saisons, la communication est toute trouvée)
• L’énorme vase en marbre cadeau de la Russie à La France
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• La paire de cheminées en pierre et céramique par Loebnitz
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Allô? La galerie Marc Maison? Oui, bonjour Madame. Bonjour, nous sommes un cabinet d’architectes de Dublin en Irlande et nous voudrions savoir le prix du jardin d’hiver bordelais référence n° 0056.
Tout en répondant de façon courtoise, je pensais ” Un jardin d’hiver! en Irlande! mais bien sûr ! pour y mettre des orangers sur le sol irlandais, peut être ?”
On ne le verra jamais, disait Bourvil … et bien si, quelques restaurations, casse-tête et mois plus tard , c’est bien l’hôtel “Cirq’ de la famille Sweeney qui s’ouvrira dans quelques jours avec en décor de façade le beau jardin d’hiver provenant de Bordeaux.
Le jardin d’hiver provenait d’une maison particulière, il est décoré de carreaux de faïences de la maison Vieillard à Bordeaux, le dessin des carreaux est peut être de Carenza.
Voici les photos du jardin d’hiver lors de l’achat:


Lors du démontage:


Croquis du projet fait par John Sweeney:

Visite de John Sweeney à Saint Ouen

Le montage:

Et le résultat final:

Il faut dire que dans notre métier d’antiquaire, il est des histoires qui tiennent plus à cœur que d’autres, et cette transaction menée certes avec sympathie mais également avec la rigueur des affaires, a été très agréable essentiellement dans le fait de pouvoir apprécier la remise en place d’éléments anciens d’architecture dans le cadre d’une restauration. L’utilisation d’éléments anciens impliquent du travail et de l”argent mais quel résultat!
Merci à Cornélia pour son aide
Tous nos voeux de réussite la famille Sweeney.

A l’occasion de la sortie au Québec du documentaire réalisé par Michel Sylvestre pour Radio-Canada, j’ai bien envie de revenir le temps d’un post sur la plus belle histoire de notre carrière d’antiquaires, tant par le début, c’est à dire l’achat de cette incroyable pièce, que par sa fin, en ce qui nous concerne le remontage devant le Parlement du Québec.
Une histoire sur 15 ans avec quelques soucis mais surtout des rencontres, de nouvelles amitiés et une certaine idée pour Marc Maison d’un travail bien fait, d’une sauvegarde d’une pièce d’urbanisme extraordinaire.
Tout commence en 1992, avec l’achat de la fontaine dans un château du Bordelais ; pendant plusieurs années, la fontaine fut stockée dans un entrepôt de banlieue. C’est en 2000, lors de l’achat de notre nouvel espace de Saint-Ouen, que la fontaine fut enfin remontée, elle était en pièces détachées depuis 41 ans!
La fontaine a failli être vendue 3 fois, à Las Vegas, en Californie et à New York. Mais notre acheteur venait du froid et parlait français! Quand Peter Simons, venu acheter des éléments anciens pour redécorer le nouveau magasin de Québec, m’a demandée si ” je voulais bien lui envoyer un dossier avec des photos et un descriptif de la fontaine, parce qu’il avait une idée “, on n’imaginait pas vraiment que trois ans plus tard, Marc et moi serions les invités sur-privilégiés de la Maison Simons pour l’inauguration et la mise en eau de la fontaine. Sans compter les articles dans les journaux et la sympathie de toute la ville.
Je ne vais pas vous écrire 15 pages sur cette belle histoire, mais quand vous aurez un moment, allez sur le site http://fontainedetourny.ca/ et regardez les deux vidéos qui sont une partie du grand documentaire sorti donc ce 29 novembre.
La Fontaine de Tourny

L’article paru dans Le Soleil, le jour de l’inauguration.

Et n’oubliez pas Continue Reading »