Le 10 juin dernier, nous avons été invités au vernissage de l’exposition Émaux atmosphériques, La céramique « impressionniste » Cette expo a été organisée dans le cadre du festival « Normandie Impressionniste » et présente jusqu’au 26 septembre prochain cet aspect peu connu de la céramique du XIXè siècle. 130 pièces sont exposées afin de nous éclairer sur cette technique mise au point par Ernest Chaplet: la barbotine colorée. Avec la barbotine, le peintre peut, comme sur la toile, diviser sa touche en empâtements. La technique picturale impressionniste a ainsi été transposée sur céramique par les plus grands ateliers de ce temps: Haviland à Auteuil, Montigny-sur-Loing, Gien, Bourron-Marlotte ou l’atelier Laurin de Bourg-la-Reine.

De ce dernier est notamment exposée un rare vase, intitulé Côtes normandes et dû au pinceau d’Auguste Lepère. Cette terre cuite émaillée a été réalisée entre 1876 et 1878 et nous étions particulièrement fiers de la voir figurer en bonne place à cette exposition puisqu’il s’agit d’un prêt de….. la Galerie Marc Maison !!! Si vous voulez en savoir plus sur ce vase, vous pouvez consulter l’adresse suivante: http://19e-siecle.marcmaison.fr/objet-d-art/credence-de-l-enemble-g#/objet-d-art/rare-impressionist-vase-on-a-wood-base-by-lepere
A voir également dans le musée d’extraordinaires boiseries- herbier:

La plaque de cheminée est une plaque en fonte apposée contre le mur du fond de l’âtre (le contrecoeur) pour éviter que la chaleur du feu ne se perde dans le mur et aidant à la diffusion et la réflexion de la chaleur vers la pièce. Voici la définition du Dictionnaire d’architecture de d’Aviler en 1755 : « C’est une grande plaque de fer fondu, souvent ornée de sculptures, laquelle sert non seulement à conserver la maçonnerie du contre-cœur proprement dit, mais encore à renvoyer la chaleur du feu ».
Elle porte différent noms suivant les régions : appelée taque dans le nord-est et l’est de la France (en Belgique ou en Lorraine). On peut également trouver le nom ancien de contrecoeur, contre-foyer, plaque foyère, plaque de foyer ou plaque à feu. ( Wiki l’a dit , Daisy le redit)
La plaque de cheminée peut adopter des décors très variés, inspirés du style des créations contemporaines à leur exécution, avec parfois la volonté de rivaliser avec certaines œuvres d’art, mais cela fera l’objet d’un autre billet.
Au début du XVème siècle, le fond du simple foyer de chauffage de la cheminée n’était encore garni que de briques, de tuileaux ou d’ardoises résistants à l’action du feu.
Ce n’est que sous les règnes de Charles VIII (1483) et de Louis XII (1498) que la cheminée se garnit de bas-reliefs et de moulures ; l’intérieur se garnit à son tour de décorations en reliefs : allégories, chiffres, emblèmes, scènes bibliques ou mythologiques, et surtout d’armoiries. C’est au cours du XVème siècle que les plaques décoratives sont venues orner l’intérieur des cheminées, soit en céramique, soit en fonte. Quelques exemplaires en cuivre, en pierre et en bronze sont également connus.
Les plaques en céramiques, appartenant à la première époque de décoration de l’intérieur du foyer, sont fort rares en France, la Société Archéologique d’Amstersam, les musées de Belgique (Bruxelles et Anvers), de Kensington, de Manheim, de Sèvres, de Cluny, d’Orléans et d’Angers conservent quelques exemplaires.
Très rapidement après, ou peut-être parallélement aux plaques en céramique, la fabrication des plaques de foyer en fonte suivie, sans qu’on en connaisse exactement la date ou le lieu de naissance. La plus ancienne connue a été fondue en fonte de fer et présente les armes du roi René d’Anjou (1431-1453), elle est conservée au musée Lorrain de Nancy.
Mais il semble qu’il fallut attendre 1540 pour observer une généralisation des plaques en fonte.
Viollet-le-Duc écrit que c’est au XVIème siècle que les contrecoeurs ont été dotés de plaques en fonte de fer, mais peu d’ouvrages fournissent des informations sur la décoration des foyers.
Les plus grands artistes furent mis à contribution, proposant et sculptant des modèles de plaques en fonte pour les cheminées des appartements du roi, ainsi qu’en témoigne les Comptes du Bâtiments du Roy des XVIème et XVIIème siècles.
Henri Carpentier, qui a consacré un ouvrage aux plaques de cheminées, décrit la supériorité incontestable des artistes français dans l’ornementation des plaques de cheminées. Son analyse montre que les plaques françaises sont en général de dessin correct, élégant, de composition savante, de style clair et noble, aux reliefs vigoureux, et beaucoup pouvant être considérées comme de véritables œuvres d’art.
Ces belles compositions apparaissent avec la Renaissance pour atteindre un grand degré de perfection sous Louis XIV et Louis XV.
Le soin apporté au décor des plaques de cheminée décline avec la fin du XVIIIème siècle, les compositions se révèle plus étriquées, plus raides, plus plates, plus minces.
Il faut attendre le Second Empire et les quelques pièces fondues pour les Châteaux de Compiègne ou de Pierrefonds pour que les plaques de cheminées retrouvent leurs lettres de noblesse au dessin large et aux compositions gracieuses.
Il faut garder en mémoire le fait que beaucoup de ces plaques ont souffert de brisures, et surtout de refonte. Sous la Terreur, le fait de posséder une plaque portant des armoiries ou comme on disait alors, des signes de féodalité, suffisait à vous faire classer comme suspect et vous envoyer en prison et l’échafaud.
Le décret du 18 vendémiaire an II (9 octobre 1793) ordonnait la destruction de ces plaques, et la Convention nationale décrétait : dans un délai d’un mois les propriétaires de maisons seront tenus de faire retourner les plaques de cheminées qui porteront le ci-devant écu de France ou de figures féodales. Les archives de la Préfecture de Police et de la Seine témoignent de la saisie, parfois musclée, des plaques armoriées.
Qu’est ce qu’une dalle de foyer ?

Dalle en marbre ou autre matériau prolongeant la surface de l’âtre devant le foyer. La dalle est scellée dans le sol devant une cheminée pour isoler le parquet ou la surface de la pièce des éventuelles projections d’étincelles. Bon, pour la définition encyclopédique, c’est fait; mais nous (nous : les antiquaires et les clients) les appelons aussi généralement dalle foyère, dalle de sol, devant de cheminée, sol de cheminée.
Ce petit billet pour faire un descriptif des différentes façons et modèles de dalles de foyer, en rapport avec les cheminées du 19ème siècle. Voici la photo d’une dalle démontée: ![]()
Règles générales :
1. La largeur de la dalle ne dépasse pas la largeur de la cheminée.
2. La dalle doit être scellée dans le sol sans surépaisseur ou petite marche. Il en est de même de l’âtre, le feu se fait au niveau du plancher de la pièce. L’épaisseur est d’environ 2 centimètres,auxquels il faut ajouter une épaisseur de pierre ou autre en support de la dalle. voir exemple sur la photo ci-contre.
3. La profondeur varie de quelques centimètres mais en général est entre 30 -45 centimètres en avancée par rapport aux jambages de la cheminée.
4. Les marbres utilisés sont de la couleur de la cheminée pour l’entourage dans le cas de dalles bi ou trichromatiques ou pour toute la plaque
5. Dans le cas de pièces d’habitation avec sol en parquet, les dalles de marbre sont en général entourées d’une lamelle de bois faisant ainsi la finition. Jetez un coup d’œil sur le très joli dessin ( dessin_chateau ) retrouvé dans les archives d’un marbrier.
Je continue, sur les différents modèles :
Exemples de dalles monochromes : Au 19ème siècle, la dalle monochrome était souvent employée pour des cheminées plus simples, généralement utilisées dans les étages supérieurs en ce qui concerne les immeubles parisiens.
Actuellement, la dalle monochrome est utilisée pour donner un ton plus contemporain à la cheminée.
Photo1 et 2 : Bel accord : le marbre de la cheminée est exactement de la même veine que le sol, la dalle a donc été fabriquée en même temps. Marbre Noir de France pour la photo1 et brocatelle pour la photo2.
Photo 3 : Vu au Musée du Louvre, extraordinaire cheminée à bronze doré dont la dalle de foyer est en marbre uni, remontage plus tardif à la fabrication de la cheminée.
Photo4 : encore au Musée du Louvre, remontage de la dalle de foyer unie dans un ton différent de la cheminée. Pas formidable comme choix, d’autant que le marbre du sol n’est pas en adéquation de qualité avec le magnifique Blanc de Carrare de la cheminée.
Photo5 : Autre exemple : le marbre de la dalle est la même variété que le marbre de la cheminée mais d une veine ou dune carrière différente. Bon résultat néanmoins.
Photo6 : dalle monochrome très étroite, trop étroite
Dalles bi chromatiques
A deux carrés ou grand rectangle
L’utilisation de ce dessin c’est-à-dire deux carrés de marbre enchâssés dans une plaque d’une autre couleur, ne répond pas toujours à des impératifs de dimensions, tel qu on peut le voir sur la photo b2.
PhotoB1 : Très bel accord de marbre rouge griotte et de marbre noir de Belgique
Bicolore sans carrés : Installation des années 30 , très élégant voir photo D1
![]()
A trois carrés : La disposition la plus répandue, la plus classique et très équilibrée pour toutes les cheminées de style exécutées sous Napoléon III.

Il y a néanmoins des variantes : les trois carrés sont parfois directement contre le devant de l âtre, soit entourés complètement de marbre de l’autre couleur. L autre variante étant la taille des carrés.
PhotoC1 : Brocatelle rose et marbre Noir De Belgique.
PhotoC2, alliance du marbre Fleur de Pêcher (Italie) et du marbre Portor. (Pyrénées- France Tiens les alliances France –Italie sont à la mode)
PhotoC3 : Marbre vert et marbre rouge foncé.
PhotoC5 et C8, Cheminée en blanc de carrare et sol à carrés de campan mélangé bien veiné de blanc.
PhotoC6, la cheminée est en brocatelle rose et la dalle est en brocatelle jaune.
PhotoC7 et 7.bis : le plus classique : Blanc de carrare et Rouge du Nord.
Dalles à trois variétés de marbres ou plus : dessins sophistiqués. Le grand art: dalles foyères rares utilisant souvrent de beaux marbres.
A noter également que sur des gravures anciennes des appartements du XIXème siècle, on peut très souvent voir un tapis sur le devant de la cheminée. Cela concerne les appartement très cossus et très « Princesse Mathilde ».
Je suis à la recherche de dessins originaux de dalles foyères ( si possible photos en couleurs pour pouvoir identifier les marbres), merci de m’envoyer des photos.
En juillet dernier, Marc Maison donnait une conférence sur l’histoire de la cheminée, devant les élèves de l’école d’art et d’architecture de la ville de Moscou.
Nous vous proposons d’en découvrir un large extrait, dans cette première partie consacrée à la cheminée de l’Antiquité au Premier Empire.
L’Antiquité
Vestiges de Lucullus sous la Villa Médicis de Rome, conduit de cheminée
Si le feu est présent dans le monde des hommes depuis la préhistoire, le principe de la cheminée dans l’habitat est utilisé à partir de l’antiquité dans le monde méditerranéen. Dans le monde gréco-romain, elle est uniquement utilitaire et en aucun cas décorative. En France, le peuple celte vivait dans des maisons en bois, sans fenêtres ni cheminées. Il faut attendre l’invasion romaine, pour voir apparaitre des cheminées dans les habitations. Longtemps on a pensé que ces dernières n’étaient venues qu’au début du Moyen Âge, mais les fouilles archéologiques ont pu démontrer le contraire. Continue Reading »
Art -Antiquités - Brocante
Documentation
Les sites marcmaison.com
- Galerie des minéraux de l’Ecole des Mines
- Au musée de la Céramique de Rouen:
- Le Pavillon Chinois et la Tour Japonaise de Bruxelles
- Visite privilégiée à l’Hôtel de Ville de Paris
- Musée du marbre à Bagnères de Bigorre
- Ouverture au 7, Quai Voltaire
- Le plus grand lustre jamais vu aux Puces
- Avant le 22 février, expo à visiter
- Mon statut d’entre-deux galeries
- La maison Maison change de maison.
- Fontaine monumentale et mythique
- Petit résumé sur l’histoire des plaques de cheminées.
- Aux Puces de Saint-Ouen, les 10, 11 et 12 octobre 2008.
- De Bordeaux à Dublin, réhabilitation d’un jardin d’hiver
- Dalles de foyer des cheminées du 19ème siècle
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