Profitant de mon statut d’entre-deux galeries, je visite plus facilement les expos que nous offre notre ville lumière chérie.
Avant qu’il ne soit trop tard, en voici 2 à faire très vite:

Au musée d’Orsay: jusqu’au 1er février.
Le mystère et l’éclat. Pastels du musée d’Orsay

Egalement musée d’Orsay: jusqu’au 1er février avec une nocturne le samedi 30.
Masques. De Carpeaux à Picasso

Les Masques, Réunissant uniquement des oeuvres du 19ème siècle, Orsay oblige. J’adore les expositions dont le sujet est UN sujet.
Cela ouvre les portes à toutes sortes de supports : peinture, sculpture, objets d’art et cela permet à des oeuvres dites ” mineures” de trouver leur importance dans un cadre approprié. L’expo permet aussi de voir des oeuvres d’artistes de toute l’Europe.

Le sujet lui -même ” les masques” , même s’il est utilisé depuis l’Antiquité est redevenu – grâce au romantisme – un thème de prédilection au 19è siècle.
Grande et riche expo qui nous fait voyager dans le japonisme, les mascarons d’architecture, le symbolisme….
J’ai vu des chefs d’oeuvre :

* bien sûr, le bouclier avec le visage de Méduse par Arnold Böcklin (1827-1901) 1897 Papier mâché. H : 61 cm Paris, musée d’Orsay
* Le vendeur de Masques par Astruc qui est habituellement dans le Jardin du Luxembourg.
* Des pâtes de verre de Henri Cros, très mystérieuses.
* et ne ratez pas le Lustre au serpent” de Frémiet. Cette production tout à fait originale dans l’œuvre de Frémiet, qui fait parties de ces rares créations telles que; La grenouille implorant la pluie, les Singes aux bulles de savon, le Pélican gastronome, l’Ours polaire écrasé par la chaleur du calorifère, Très rares commandes privées pleines de fantaisie.

Puisque nous sommes à Orsay, on poursuit par les pastels.

Le mystère et l’éclat. Pastels du musée d’Orsay:
13 salles consacrées aux pastels.
Vite fait: petit rappel de la fabrication et techniques ( salle 1), apparition au XVème siècle, rarement utilisée jusqu’au XVIIIème ou la technique enchante les Quentin de la Tour et autres Rosalba Carrera.Le XIXème siècle sera exposé en détail dans les 12 salles suivantes. Oeuvres d’ Alaberola et Szafran pour le XXème
Commence alors la visite de 5 salles gnan de gnan . J.F. Millet dont les jeunes femmes doivent sans doute venir de Mongolie inférieure, E. Manet, occupe une salle entière pour bien nous montrer que son art c’était la peinture à l’huile. Salle 4, l’impressionnisme, déjà pas ma tasse de nescafé, mais avec cette technique, c’en est soporifique : même Caillebotte en devient fade, c’est vous dire. Caillebotte à lui tout seul vous ferait aimer l’impressionisme. Comme nous dit le petit panneau explicatif ” Simples beautés de la nature” . Simples. Oui. L’esprit et mon oeil s’éveillent enfin avec Degas qui nous donne enfin de la profondeur aux pastels. Il y a l’utilisation de ce ton particulier d’orange dit ” Orange de cadmium” (j’ai vu ça sur la grande palette de la salle 1) qui se retrouve dans ” La danseuse au bouquet” , 1877, ” Femme s’essuyant” , 1878, ” Chez la modiste” .
Mon esprit s’est bien recalmé dans les salles suivantes appelées ” Portraits mondains”, Un seul m’a attiré dès la porte d’entrée, forcément : Lévy-Dhurmer ” Mademoiselle Cariel” 1910 : Une belle alanguie dans des tissus vaporeux et coiffée d’un extraordinaire chapeau-turban soyeux. J’ai remarqué aussi “Portrait de femme” 1887, Jacques Emile Blanche, portrait altier d’une femme en noir sur fond beige, Un pastel à donner l’illusion de la peinture a l’huile.

Salle 9 : « Là, alors là, mais alors là » comme disait Miou-Miou, je me dis que le pastel a été inventé pour l’âme des peintres. Fantin-Latour nous démarre le festival « Les Filles du Rhin » des 1876, cela se poursuite avec Osbert, Ménard, etc..
Salle 10 : Les deux plus beaux pastels of the world sont là : ces deux pastels à eux seuls vous font aimer l’art : “Nocturne au Parc royal de Bruxelles”, 1897 de Degouve de Nuncques, et de Jozsef Rippl-Ronai (1861-1927) “Un parc la nuit” Entre 1892 et 1895.

Bien émue, je me dis que cette expo était formidable bien qu’il me restât deux salles,
Il me restait à découvrir une salle ENTIERE dédiée à Levy-Dhurmer, du luxe ! Dans le désordre : “Portrait de Rodenbach” [ ne pas oublier de relire Bruges-la Morte, note de moi), “Florence” 1898, “Le Silence” ” Femme à la médaille” ” La calanque”

La dernière salle est consacrée à Redon, master es pastel aussi.

En Conclusion – mais oui, je fais des plans dans mon billet ;-)
Comment une technique peut elle être si liée au « contenu » et non à la représentation. Il m’a semblé que le pastel ne prenait sa dimension que lorsque le sujet n’était que le support à l’expression des sentiments, se détachant de toute question d’époque ou de courant.

Grand bouleversement dans la maison MAISON. Nous avons quitté la galerie du Faubourg pour une nouvelle organisation: Avant une réouverture de galerie courant 2009, c’est le showroom de Saint Ouen qui va ouvrir – toujours sur rendez-vous – un peu plus ses portes. En effet, depuis des années nous avions limité assez strictement l’accès à nos stocks. La galerie du Faubourg présentait en continu une cinquantaine de cheminées en marbre, et le reste du stock était à Saint Ouen: nous allons donc réunir tout le choix dans un même espace fabuleux de 1.500 mètres carrés à la lumière zénithale qui nous vaut beaucoup de compliments. Notre projet actuel est d’améliorer la présentation des éléments d’architecture dans le showroom. Et la tâche n’est pas mince ! Nous allons également dans les prochains jours mettre en ligne le nouveau design du site marcmaison.com . Il y aura beaucoup d’améliorations, mais cela fera l’objet d’un autre message. En attendant , n’hésitez pas à nous communiquer votre adresse email pour être tenu au courant de l’info, ou abonnez vous au fil rss. Bonne année à tous.